Leçon de Jiu-Jitsu en Gi de Mark Kerr : Pourquoi il a arrêté après un seul combat

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L’expérience de Jiu-Jitsu en Gi de Mark Kerr a duré exactement une session — contre Rigan Machado. La légende de l’ADCC et de l’UFC a juré de ne plus jamais remettre de Gi après ce combat-là. Bien qu’il soit l’un des grapplers No-Gi les plus dominants d’Amérique, Kerr n’a jamais regardé en arrière. L’histoire de Mark Kerr en Jiu-Jitsu avec le Gi met en lumière les affrontements stylistiques entre lutteurs d’élite et BJJ traditionnel.

Mark Kerr est connu comme l’un des grapplers No-Gi les plus dominants de l’histoire américaine. Ancien champion de lutte NCAA Division I, vainqueur de tournois UFC, et double champion absolu de l’ADCC, le nom de Kerr est gravé dans la légende du grappling moderne. Mais il y a une surface avec laquelle il ne s’est jamais senti à l’aise : le Gi.

Dans une interview récemment rediffusée, Kerr a raconté sa première — et unique — session de Jiu-Jitsu en Gi. La scène ? Un roll contre nul autre que Rigan Machado, ceinture corail et l’un des instructeurs de BJJ les plus décorés au monde.

Je n’ai fait du Jiu-Jitsu en Gi qu’une fois avec Rigan Machado. Et je me suis dit : « Je ne referai plus jamais ça. »
– Mark Kerr –

Pour quelqu’un d’aussi dominant physiquement que Kerr, le Gi représentait un type de problème très différent. Alors que le grappling No-Gi repose fortement sur le mouvement, l’athlétisme et les échappées glissantes, le Gi ralentit tout.

Les saisies deviennent des poignées. L’explosivité devient un piège. L’expérience de Mark Kerr avec le Jiu-Jitsu en Gi ressemblait à une marche dans des sables mouvants pour la légende de l’UFC – et Rigan Machado s’est assuré qu’il en ressente chaque fibre.

En compétition No-Gi, Kerr était un boulet de démolition. Il a remporté les divisions +99kg et absolue aux Championnats du monde ADCC 1999 et était considéré comme le grappler américain le plus accompli à l’époque.

Et pourtant, son expérience en Gi s’est résumée à un seul après-midi.

Je me suis dit : « Vous faites ça tous les jours ? C’est horrible ! »
– Mark Kerr –

La réaction de Kerr ne venait pas d’un manque de respect — il a souvent reconnu la profondeur technique et le contrôle positionnel offerts par le Gi.

Mais pour quelqu’un qui excellait dans le monde explosif et rapide de la lutte et du MMA, les saisies et la friction du Jiu-Jitsu en Gi semblaient étrangères et restrictives.

Pour les pratiquants de JJB traditionnels, cette friction est précisément ce qui donne au Gi sa profondeur. Mais pour Kerr, c’était tout simplement trop éloigné de ses instincts de combat développés depuis des décennies.

L’épisode Mark Kerr en Gi est une étude de cas en spécialisation. Il illustre une vérité plus large dans le monde du grappling : l’excellence dans un format ne se traduit pas toujours par du confort dans un autre.

Les lutteurs excellent souvent en No-Gi grâce à des mécaniques similaires : projections, contrôle, enchaînements explosifs. Le Gi, cependant, introduit un échiquier différent. Bien que certains compétiteurs d’élite aient réussi à faire la transition — pensez à Gordon Ryan (No-Gi) ou Nicholas Meregali (Gi) — d’autres font le choix de se spécialiser. Et Kerr a fait son choix rapidement.

Ce qui rend cette histoire parlante, ce n’est pas que Kerr ait détesté le Gi. C’est que même l’un des athlètes les plus physiquement dominants à avoir foulé un tatami a dû admettre : ce n’était pas son jeu.

Cela parle également de l’humilité requise en Jiu-Jitsu. Kerr aurait pu forcer, s’entraîner pendant des mois, essayer de « résoudre » le Gi. Au lieu de cela, il a reconnu la profondeur du style et s’est retiré — une décision inhabituelle dans un sport rempli d’ego.

Le statut légendaire de Kerr en ADCC et en MMA reste intact. Mais son abandon rapide du Jiu-Jitsu en Gi révèle quelque chose de rare : une honnêteté dans la préférence en matière de grappling. Il n’a pas eu peur d’admettre son inconfort ou de s’éloigner de quelque chose qui ne lui convenait pas.

Je savais que j’allais être immobilisé. Je n’avais aucune chance.
– Mark Kerr –

Au final, l’expérience de Mark Kerr en Jiu-Jitsu en Gi n’a duré qu’un jour. Mais l’histoire perdure comme un rappel que réussir dans une discipline ne nécessite pas de maîtriser toutes les autres. Kerr savait ce qui faisait sa force — et le Gi n’en faisait pas partie.

Pour les grapplers partagés entre le Gi et le No-Gi, cette histoire sert de rappel : choisissez le style qui correspond à vos forces, mais respectez les deux. Et si vous vous retrouvez un jour face à un Machado équipé du Gi complet — vous comprendrez exactement ce qu’a ressenti Kerr.